Bruits de botte à l’Est: l’Otan justifie ses «choix défensifs»

Les ministres de la Défense des 28 pays membres de l’Otan sont réunis au siège de l’Alliance atlantique aux portes de Bruxelles. Parmi les sujets au programme figurent au premier plan le renforcement de la capacité d’action rapide et de projection des troupes de l’Otan et le renforcement des alliés orientaux. Tous les regards sont évidemment tournés vers la Russie et les bruits de bottes qui en viennent.

Avec notre bureau de Bruxelles,

Les relations entre l’Otan et la Russie sont de plus en plus en plus dégradées et l’annonce récente d’un renforcement des moyens de l’Alliance et des États-Unis dans les pays alliés anciens membres du Pacte de Varsovie n’a rien fait pour calmer la situation. Les tensions culminent depuis la semaine dernière avec l’annonce du déploiement par la Russie de 40 nouveaux missiles nucléaires intercontinentaux.

Selon le secrétaire général de l’Otan, les choix défensifs de l’Alliance atlantique sont parfaitement justifiés. « Annexer une partie d’un autre pays est un acte d’agression, estime Jens Stoltenberg, et c’est la première fois depuis la fin de la guerre froide qu’un pays en Europe se rend maître d’une partie d’un autre pays ». Avant de poursuivre : « La Russie continue d’envoyer des forces, des troupes, des moyens en Ukraine orientale et déstabilise cette région. Il ne peut donc y avoir aucun doute que la Russie est responsable d’actes agressifs, et c’est la raison pour laquelle l’Otan réagit de manière défensive. »

Le secrétaire général de l’Otan affirme que l’Alliance atlantique ne veut pas se laisser entraîner dans une course à l’armement, mais le ton rappelle tout de même de plus en plus la guerre froide.

Le Sénat retire le burn-out des maladies professionnelles

Pour le Sénat, le burn-out n’est pas une maladie professionnelle. En dépit de l’intérêt porté par le gouvernement à cette mesure, le Sénat n’a pas validé l’amendement socialiste adopté par les députés à l’occasion du débat en première lecture sur le projet de loi sur le dialogue social.

Alors que l’Assemblée nationale avait opté pour l’inscription du burn-out dans le tableau des maladies professionnelles, la commission des Affaires sociales de la Haute Assemblée a retiré cet amendement qui constituait selon le ministre du Travail François Rebsamen « un progrès important dans la reconnaissance de situations de burn-out, qui s’accompagnera d’un accent très fort mis sur la prévention ».

Un vote solennel sur l’examen du texte est désormais fixé au 30 juin prochain avant qu’une commission mixte paritaire ne soit chargée de proposer une version commune aux deux chambres. Si elle n’était finalement pas adoptée, l’Assemblée aurait le dernier mot.

Pédophilie : les signalements renforcés avec réserves par l’Assemblée

Après l’affaire de Villefontaine du mois de mars dernier dans laquelle un directeur d’école, soupçonné de viols sur onze élèves, avait continué à exercer malgré une condamnation en 2008 pour recel d’images pédopornographiques, les députés ont adopté, avec réserves, de nouvelles dispositions voulues par le gouvernement pour renforcer le contrôle des antécédents judiciaires des personnes exerçant des activités auprès de mineurs.

Ces nouvelles dispositions, sous forme d’amendements gouvernementaux, permettront aux autorités judiciaires d’informer les autorités compétentes (l’Éducation nationale en premier lieu)sur les procédures concernant les personnes incriminées pour des infractions graves (viols, agressions et atteintes sexuelles, violences commises sur les mineurs de moins de 15 ans, proxénétisme de mineurs,  harcèlement sexuel, exhibition…) dès le stade de l’enquête. Pour les autres infractions, le procureur ne pourra transmettre l’information que lorsque d’éventuelles poursuites seront engagées ou après la condamnation.

Les députés ont donc émis quelques réserves sur les informations à transmettre, liées notammentau principe de présomption d’innocence. Reconnaissant marcher sur « une ligne de crête » entre protection des enfants et le risque de mise en cause injustifiée, Christiane Taubira a jugé qu’il valait « mieux une information donnée un petit peu trop tôt au cours de la procédure que trop tard ». Le texte, adopté en première lecture, pourrait être retravaillé par la garde des Sceaux et des parlementaires d’ici à ce que la commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs ne l’examine la semaine prochaine.

Manuel Valls est à Bogota pour renforcer les échanges économiques avec la Colombie

Après son discours à l’Assemblée nationale où il s’est exprimé sur les « pratiques inacceptables » des États-Unis à propos de l’espionnage des trois derniers présidents français révélé mardi parWikiLeaks, Mediapart et Libération, Manuel Valls s’est envolé pour Bogota où il a atterrit mercredi soir en compagnie de sa femme et de sa délégation officielle. Après un dîner avec des membres de la société civile, le Premier ministre abordera jeudi le sujet qui l’a amené dans la capitale colombienne, à savoir le renforcement des échanges économiques franco-colombiens qui ont triplé depuis 2005 jusqu’à atteindre aujourd’hui 1,6 milliard d’euros.

La tournée en Amérique latine s’achèvera en Équateur

Plusieurs thèmes politiques seront abordés jusqu’à vendredi à Bogota puis Medellin. Le chef du gouvernement devra ainsi s’assurer du soutien de la Colombie quant à un accord contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre en fin d’année lors de la COP 21 organisée en France, affichera le soutien de la France dans le processus de paix avec les Farc et saluera enfin la collaboration franco-colombienne contre le trafic de cocaïne (une poignée de policiers français oeuvre dans le pays depuis 2013).

Après une cérémonie de levée des couleurs au lycée français de Bogota, Manuel Valls ouvrira un forum économique franco-colombien puis rencontrera le président de centre-droit Juan Manuel Santos avec qui il donnera une conférence de presse commune. Vendredi, le Premier ministre se rendra en Équateur où il rencontrera le président socialiste Rafael Correa.

Accord sur le nucléaire : Kerry presse l’Iran de répondre aux questions en suspens

À 6 jours de la date-limite fixée pour la validation d’un accord portant sur le programme nucléaire de la République islamiqueJohn Kerry a sommé l’Iran de répondre aux questions laissées pour le moment en suspens. « Il est possible que les Iraniens ne prennent pas la pleine mesure de qui a été convenu à Lausanne, auquel cas il n’y aura pas d’accord« , a ainsi déclaré le secrétaire d’État américain en référence à l’esquisse d’accord établie dans la ville suisse le 2 avril dernier et qui avait suscité l’engouement des Iraniens.

Après trois jours de réunion au sommet entre les États-Unis et la Chine à Washington, John Kerry est attendu vendredi à Vienne afin de participer à la dernière ligne droite des négociationsentre le groupe des grandes puissances dit « 5+1″ (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) et l’Iran, sous l’égide de l’Union européenne. Calqué sur un modèle préalable, l’accord définitif doit être signé d’ici au 30 juin prochain.